La réponse courte

Le marketing alimentaire utilise des mots, des images et des emballages pour vous faire percevoir un produit comme plus sain qu’il ne l’est. Les mentions « naturel », « sans sucres ajoutés », « riche en vitamines » ou « allégé » ont souvent une signification technique qui ne correspond pas à ce que vous imaginez. Votre meilleur réflexe : retourner l’emballage et lire les ingrédients.

L’explication simple

Voici les pièges les plus courants dans les rayons :

« Naturel » / « D’origine naturelle » : ces termes n’ont aucune définition légale stricte. Un sirop de glucose-fructose est « d’origine naturelle » (dérivé du maïs), mais c’est du sucre ultra-transformé.

« Sans sucres ajoutés » : le produit peut contenir naturellement beaucoup de sucre (jus de fruits concentré, miel, sirop d’agave). Un jus de pomme « sans sucres ajoutés » contient autant de sucre qu’un Coca-Cola.

« Allégé » ou « light » : le produit contient au moins 30 % de moins d’un nutriment (souvent les graisses). Mais pour compenser le goût, le fabricant ajoute souvent du sucre, de l’amidon ou des épaississants. Un yaourt 0 % de matières grasses peut contenir plus de sucre qu’un yaourt nature entier.

« Riche en / Source de » : un produit peut afficher « riche en fibres » s’il contient au moins 6 g de fibres pour 100 g, même s’il est aussi très sucré ou très gras. Ces allégations mettent en avant un point positif pour masquer le reste.

Le halo de santé : un emballage vert, des images de nature, des mots comme « authentique » ou « recette de grand-mère » créent une impression de produit sain sans rien garantir. Les céréales de petit-déjeuner « au miel et aux noix » peuvent contenir 30 % de sucre.

Un exemple concret

Un granola « bio, sans sucres ajoutés, riche en fibres » vendu 8 CHF les 350 g. Retournez le paquet : sirop de riz (c’est du sucre, mais « pas ajouté » car considéré comme ingrédient), huile de palme, 22 g de sucres pour 100 g. Le même poids de flocons d’avoine nature + noix + fruits secs coûte 3 CHF, contient 2 g de sucres pour 100 g, et vous choisissez exactement ce qui va dedans.

Ce que je peux faire

Aujourd’hui : appliquez la règle des 5 ingrédients. Si un produit contient plus de 5 ingrédients et que vous ne reconnaissez pas tous les noms, cherchez une alternative plus simple. Ignorez le devant de l’emballage (c’est du marketing) et concentrez-vous sur le dos (c’est la réalité). Et si un aliment a besoin d’un emballage pour vous dire qu’il est sain, il ne l’est probablement pas autant que ça.

Nuances et précautions

Ne tombez pas dans l’extrême inverse : tous les produits transformés ne sont pas mauvais. Les conserves de légumineuses, les légumes surgelés, le pain complet et le yaourt nature sont des aliments transformés parfaitement sains et pratiques. Le problème n’est pas la transformation en soi, mais les produits ultra-transformés qui contiennent de nombreux additifs, sucres ajoutés et graisses de mauvaise qualité. Le Nutri-Score (A à E) et l’indice NOVA (1 à 4) sont des outils utiles pour trier rapidement.

Pour continuer

  • Comment lire une étiquette alimentaire ?
  • Comment lire les étiquettes pour repérer le sucre caché
  • Sucres ajoutés vs sucres naturels : quelle différence ?
  • Retour à la page : Manger mieux au quotidien

Sources

  • Fédération romande des consommateurs (FRC) — Enquêtes sur les allégations santé dans les supermarchés suisses
  • Règlement (CE) n° 1924/2006 — Allégations nutritionnelles et de santé portant sur les denrées alimentaires
  • Monteiro CA et al. — Ultra-processed foods, diet quality, and health using the NOVA classification system. FAO, 2019