La réponse courte
La plupart des compléments alimentaires sont sans danger lorsqu’ils sont bien dosés et adaptés à votre situation. Mais un surdosage, une interaction avec un médicament ou un produit de mauvaise qualité peuvent provoquer des effets indésirables sérieux. Le risque principal n’est pas le complément lui-même, mais son usage inapproprié : trop, trop longtemps, ou sans avis médical.
L’explication simple
Les compléments alimentaires ne sont pas anodins. Voici les principaux risques :
Le surdosage — Certains nutriments sont toxiques en excès. La vitamine A à forte dose peut provoquer des lésions hépatiques. Le fer en excès endommage le foie et le cœur. La vitamine E à haute dose est associée à un risque accru de mortalité dans certaines études. Les vitamines hydrosolubles (B, C) sont moins problématiques car l’excès est éliminé dans les urines, mais même la vitamine C peut provoquer des calculs rénaux à très haute dose.
Les interactions médicamenteuses — Le millepertuis réduit l’efficacité de la pilule contraceptive et de nombreux médicaments. La vitamine K interfère avec les anticoagulants. Le calcium bloque l’absorption de certains antibiotiques. Le pamplemousse (même en extrait) modifie le métabolisme de dizaines de médicaments.
La contamination — Les compléments achetés en ligne, surtout hors de l’UE/Suisse, peuvent contenir des métaux lourds, des substances dopantes non déclarées, ou des dosages différents de ce qui est indiqué sur l’étiquette. En 2023, Swissmedic a retiré du marché plusieurs compléments contenant des substances pharmaceutiques non déclarées.
L’effet de substitution — Le risque le plus insidieux : croire que des compléments compensent une mauvaise alimentation. Aucune gélule ne remplace les milliers de composés bioactifs présents dans les vrais aliments (fibres, polyphénols, prébiotiques…).
Un exemple concret
Pierre, 50 ans, prend un multivitamines, de la vitamine E, du bêta-carotène et du zinc — « pour la santé ». Son médecin découvre que son bilan hépatique est perturbé. Après investigation, l’accumulation de vitamine A (apportée par le multivitamines ET le bêta-carotène) est en cause. En arrêtant les compléments non nécessaires et en gardant uniquement la vitamine D prescrite, son bilan se normalise en 3 mois.
Ce que je peux faire
Aujourd’hui : faites l’inventaire de tous les compléments que vous prenez actuellement. Vérifiez qu’il n’y a pas de doublon (deux produits contenant le même nutriment). Calculez le dosage total quotidien de chaque nutriment et comparez-le à la limite supérieure de sécurité. Si vous prenez des médicaments, listez vos compléments lors de votre prochaine consultation médicale.
Nuances et précautions
Les compléments à base de plantes méritent une attention particulière : « naturel » ne signifie pas « sans risque ». La réglisse peut faire monter la tension. Le ginkgo biloba augmente le risque de saignement. Le curcuma en gélules à haute dose peut provoquer des hépatites. Informez toujours votre médecin et votre pharmacien de tous les compléments que vous prenez, y compris les tisanes et les extraits de plantes. En cas d’effet indésirable, signalez-le à votre médecin et à l’OSAV via le formulaire de notification.
Pour continuer
- Compléments alimentaires et médicaments : les interactions à connaître
- Ai-je vraiment besoin d’un complément alimentaire ?
- Comment choisir un complément alimentaire de qualité ?
- Retour à la page : Comprendre les compléments
Sources
- Swissmedic — Rapports de sécurité sur les compléments alimentaires, 2023
- EFSA — Tolerable Upper Intake Levels for Vitamins and Minerals, 2024
- Bjelakovic G et al. — Antioxidant supplements and mortality. Cochrane Database of Systematic Reviews, 2012
