La réponse courte

Une intolérance alimentaire est une difficulté à digérer un aliment, différente d’une allergie (qui implique le système immunitaire). Les plus courantes : lactose, gluten (sensibilité non cœliaque), FODMAPs, histamine. Le diagnostic fiable passe par un médecin et un régime d’éviction suivi de réintroduction, pas par des tests sanguins IgG vendus en ligne.

L’explication simple

Allergie vs intolérance :

  • Allergie : réaction immunitaire (IgE). Symptômes rapides, potentiellement graves (urticaire, œdème, anaphylaxie). Diagnostic par allergologue (prick test, IgE spécifiques).
  • Intolérance : problème digestif (enzymatique ou chimique). Symptômes progressifs et dose-dépendants (ballonnements, diarrhée, maux de ventre, fatigue). Non dangereuse mais inconfortable.

Les intolérances les plus courantes :

  • Lactose : déficit en lactase (l’enzyme qui digère le sucre du lait). Touche ~20 % de la population suisse. Test fiable : test respiratoire à l’hydrogène.
  • Gluten (sensibilité non cœliaque) : symptômes digestifs liés au gluten, mais sans maladie cœliaque ni allergie au blé. Diagnostic par exclusion (après avoir éliminé la maladie cœliaque).
  • FODMAPs : glucides fermentescibles présents dans de nombreux aliments (oignon, ail, pomme, blé, légumineuses). Fréquente chez les personnes atteintes du syndrome de l’intestin irritable (SII).
  • Histamine : accumulation d’histamine (fromage aff., vin, charcuterie, tomate). Provoque maux de tête, rougeurs, troubles digestifs.

Un exemple concret

La démarche classique :
1. Vous suspectez une intolérance (ballonnements récurrents après les repas).
2. Consultez votre médecin → il exclut d’abord la maladie cœliaque (prise de sang) et une allergie alimentaire.
3. Si négatif : régime d’éviction de 2-6 semaines (supprimer le suspecté coupable).
4. Réintroduction progressive : réintroduire l’aliment en petites quantités. Si les symptômes reviennent = intolérance confirmée.
5. Adaptation : vous connaissez votre seuil de tolérance (souvent vous pouvez en manger un peu, contrairement à une allergie).

Ce que je peux faire

Dès maintenant : tenez un journal alimentaire pendant 2 semaines : notez ce que vous mangez, à quelle heure, et vos symptômes. C’est l’outil le plus utile pour identifier des liens. Apportez-le à votre médecin ou diététicien — il vaut plus que n’importe quel test en ligne.

Nuances et précautions

Méfiez-vous des tests IgG vendus en ligne (100-300 CHF) : ils ne sont validés par aucune société médicale et génèrent des faux positifs en masse (ils mesurent l’exposition, pas l’intolérance). Ne supprimez jamais de groupes alimentaires entiers (gluten, lactose) sans diagnostic médical — vous risquez des carences. L’intolérance au lactose ne signifie pas « zéro lait » : la plupart des intolérants tolèrent le yaourt, les fromages à pâte dure et de petites quantités de lait.

Pour continuer

Sources

  • Lomer MCE — « Review article: the aetiology, diagnosis, mechanisms and clinical evidence for food intolerance », Alimentary Pharmacology & Therapeutics, 2015
  • Société Suisse de Nutrition (SSN) — Intolérances et allergies alimentaires
  • aha! Centre d’Allergie Suisse — Intolérances alimentaires