La réponse courte
Les influenceurs sont souvent rémunérés pour promouvoir des compléments alimentaires, même quand ils affirment « donner leur avis honnête ». Un code promo, un partenariat ou un lien d’affiliation signifie qu’ils gagnent de l’argent à chaque vente. Leur témoignage n’est pas une preuve scientifique. Gardez votre esprit critique et vérifiez toujours les sources.
L’explication simple
Le marketing d’influence est devenu le premier canal de vente de compléments alimentaires. Voici comment il fonctionne :
- Partenariats rémunérés : la marque paie l’influenceur pour un post, une story ou une vidéo. En Suisse et en Europe, la loi oblige à mentionner « publicité » ou « partenariat », mais cette mention est souvent discrète.
- Affiliation : l’influenceur touche une commission (10-30 %) sur chaque vente via son code promo. Plus il vend, plus il gagne — son « avis » est financé par la vente.
- Produits offerts : même sans paiement direct, recevoir un produit gratuitement crée un biais de réciprocité psychologique.
- Ghostwriting : certaines marques rédigent elles-mêmes les textes que l’influenceur publie comme s’ils étaient les siens.
Les signaux d’alerte à reconnaître :
- Témoignage personnel comme preuve : « Depuis que je prends X, j’ai plus d’énergie » n’est pas une preuve. L’effet placebo, les changements saisonniers ou d’autres facteurs expliquent souvent cette amélioration.
- Langage émotionnel : « a changé ma vie », « révolutionnaire », « secret » sont des marqueurs marketing, pas scientifiques.
- Urgence et rareté : « -20 % jusqu’au dimanche », « stock limité » poussent à acheter sans réfléchir.
- Absence de sources : aucune étude citée, aucune référence vérifiable.
- Avant/après manipulés : éclairage, posture, contraction musculaire, retouche photo peuvent créer une illusion de résultat spectaculaire.
Un exemple concret
Une influenceuse fitness avec 200 000 abonnés promeut un « collagène minceur » avec son code promo. Elle touche 25 % de commission sur chaque vente à 59 CHF. Si 1 % de ses abonnés achètent, elle gagne 29 500 CHF. Pour une seule story Instagram. Ce n’est pas un avis honnête, c’est un modèle économique. Pendant ce temps, les études sur le collagène oral montrent des résultats modérés sur la peau, mais aucun effet sur la perte de poids.
Ce que je peux faire
Aujourd’hui : appliquez la règle des 3 questions face à toute promotion de complément par un influenceur : (1) Est-ce un partenariat rémunéré ou un code promo ? (2) L’influenceur a-t-il une formation en nutrition ou en santé ? (3) Existe-t-il des études cliniques indépendantes sur ce produit ? Si la réponse à la première question est oui et aux deux autres non, passez votre chemin.
Nuances et précautions
Certains influenceurs sont des professionnels de santé (diététiciens, médecins, pharmaciens) qui partagent des informations fondées sur la science. Leur contenu est généralement identifiable par la présence de sources citées, un discours nuancé (« les études suggèrent » plutôt que « c’est prouvé »), et la transparence sur les limites. Un diététicien suisse est inscrit au registre professionnel et soumis à un code de déontologie. Vérifiez les qualifications avant de faire confiance.
Pour continuer
- Comment vérifier les études citées par une marque de compléments
- Compléments minceur : arnaque ou efficacité prouvée ?
- « Détox », « brûle-graisses » : décrypter les allégations
- Retour à la page : Comprendre les compléments
Sources
- Commission fédérale de la communication (COMCO) — Règles sur la publicité déguisée en Suisse
- EFSA — Règlement sur les allégations de santé (CE 1924/2006)
- Pilgrim K, Bohnet-Joschko S — Selling health and happiness: how influencers communicate on Instagram about dietary supplements. BMC Public Health, 2019
