La réponse courte
La vitamine D est essentielle pour les os, l’immunité et l’humeur. Or, environ 50 à 70 % de la population européenne en manque, surtout en hiver. La raison principale : notre corps la fabrique grâce au soleil, mais nous passons la majorité de notre temps à l’intérieur, et au-dessus du 45e parallèle, le rayonnement UV est insuffisant d’octobre à mars.
L’explication simple
La vitamine D n’est pas vraiment une vitamine au sens classique : c’est une pro-hormone que la peau synthétise lorsqu’elle est exposée aux rayons UVB du soleil. L’alimentation n’en fournit que 10 à 20 % des besoins — le reste doit venir du soleil ou de suppléments.
Pourquoi la carence est si fréquente :
- Latitude : en Suisse, en Belgique ou dans le nord de la France, les UVB sont trop faibles d’octobre à mars pour produire de la vitamine D.
- Mode de vie : travail en intérieur, trajets en voiture, écrans — la peau voit peu le soleil, même en été.
- Crème solaire : un indice SPF 30 bloque environ 97 % des UVB (ce qui est nécessaire pour la peau, mais réduit la synthèse de vitamine D).
- Pigmentation : les peaux foncées produisent moins de vitamine D pour une même exposition.
- Âge : la capacité de synthèse diminue avec l’âge.
Les rôles de la vitamine D :
- Os et dents : elle permet l’absorption du calcium et du phosphore dans l’intestin. Sans elle, le calcium alimentaire n’est absorbé qu’à 10-15 % au lieu de 30-40 %.
- Immunité : elle module la réponse immunitaire, à la fois contre les infections et contre les réactions auto-immunes.
- Muscles : elle contribue à la force musculaire et à l’équilibre, surtout chez les personnes âgées.
- Humeur : des taux bas sont associés à un risque accru de dépression saisonnière.
Les sources alimentaires sont peu nombreuses : poissons gras (saumon, maquereau, sardines), huile de foie de morue, jaunes d’œufs, champignons exposés aux UV, et aliments enrichis (certains laits, céréales).
Un exemple concret
En juillet à Lausanne, 15 minutes d’exposition des avant-bras et du visage au soleil de midi suffisent pour produire environ 10 000 UI de vitamine D (pour une peau claire). En janvier, même une heure au soleil ne produit quasiment rien. C’est pourquoi les recommandations suisses et françaises préconisent une supplémentation de 800 à 1000 UI/jour en hiver, voire toute l’année pour certaines populations.
Ce que je peux faire
Aujourd’hui : demandez à votre médecin un dosage de 25(OH)D lors de votre prochaine prise de sang. Un taux entre 75 et 125 nmol/L (30-50 ng/mL) est considéré comme optimal. En attendant, mangez du poisson gras 2 fois par semaine et, si vous êtes entre octobre et mars, discutez d’une supplémentation avec votre médecin ou pharmacien.
Nuances et précautions
La supplémentation en vitamine D est l’une des rares où le consensus scientifique est large : elle est recommandée en hiver dans les pays tempérés. Mais un surdosage est possible (contrairement aux vitamines hydrosolubles) : ne dépassez pas 4000 UI/jour sans avis médical. Les méga-doses ponctuelles (100 000 UI en une prise) sont de plus en plus remises en question — les doses quotidiennes modérées semblent plus efficaces. Pour les personnes obèses, les besoins sont plus élevés car la vitamine D se stocke dans le tissu adipeux.
Pour continuer
- Vitamines et minéraux : à quoi servent-ils ?
- Fer, calcium, magnésium : les minéraux essentiels
- Faut-il prendre des compléments de vitamines ?
- Retour à la page : Comprendre les bases de la nutrition
Sources
- Office fédéral de la santé publique (OFSP) — Recommandations concernant la vitamine D, 2022
- ANSES — Avis relatif à l’actualisation des repères de vitamine D, 2021
- Holick MF — « Vitamin D Deficiency », New England Journal of Medicine, 2007
- Société Suisse de Nutrition (SSN) — Fiche vitamine D
