La réponse courte

De nombreux compléments alimentaires interagissent avec des médicaments, en réduisant leur efficacité ou en augmentant leurs effets indésirables. Le millepertuis, la vitamine K, le calcium, le magnésium et le pamplemousse sont les plus concernés. Si vous prenez un traitement médical, informez systématiquement votre médecin et votre pharmacien de tous vos compléments.

L’explication simple

Une interaction médicamenteuse se produit quand une substance modifie la façon dont un médicament est absorbé, métabolisé ou éliminé par l’organisme. Les compléments alimentaires, bien que naturels, contiennent des principes actifs capables de provoquer ces interactions.

Les interactions les plus fréquentes et les plus dangereuses :

  • Millepertuis (Hypericum perforatum) : réduit l’efficacité de la pilule contraceptive, des anticoagulants, des antidépresseurs, des immunosuppresseurs et de nombreux autres médicaments en accélérant leur élimination par le foie
  • Vitamine K : diminue l’effet des anticoagulants de type antivitamine K (Sintrom®, Marcoumar®). Même les légumes verts en grande quantité peuvent perturber le traitement
  • Calcium et fer : bloquent l’absorption des antibiotiques (tétracyclines, fluoroquinolones) et des hormones thyroïdiennes (Lévothyrox®). Espacez la prise d’au moins 2 heures
  • Magnésium : réduit l’absorption de certains antibiotiques et bisphosphonates (traitement de l’ostéoporose)
  • Pamplemousse (même en extrait) : inhibe une enzyme hépatique (CYP3A4) qui métabolise plus de 85 médicaments, dont les statines, les immunosuppresseurs et certains anticancéreux
  • Ginkgo biloba : augmente le risque de saignement chez les personnes sous anticoagulants ou antiplaquettaires
  • Curcuma à haute dose : peut interférer avec les anticoagulants et les antidiabétiques

Le danger est que ces interactions sont souvent silencieuses : le médicament perd en efficacité sans que vous le remarquiez, ou ses effets secondaires augmentent progressivement.

Un exemple concret

Claire, 28 ans, prend la pilule contraceptive. Elle commence une cure de millepertuis pour un coup de blues hivernal, achetée en herboristerie sans ordonnance. Trois semaines plus tard, elle découvre une grossesse non prévue. Le millepertuis a accéléré l’élimination des hormones contraceptives, rendant la pilule inefficace. Un simple avertissement de son pharmacien aurait évité cette situation.

Ce que je peux faire

Aujourd’hui : faites la liste de tous les médicaments ET compléments que vous prenez (y compris les tisanes et les produits naturels). Lors de votre prochaine visite chez le médecin ou en pharmacie, présentez cette liste complète. Si vous envisagez un nouveau complément, demandez d’abord à votre pharmacien s’il est compatible avec vos traitements en cours.

Nuances et précautions

Même des compléments courants et « inoffensifs » peuvent interagir. L’oméga-3 à haute dose a un léger effet anticoagulant. La vitamine C en grande quantité augmente l’absorption du fer (positif en cas de carence, problématique en cas d’hémochromatose). Le zinc en excès bloque l’absorption du cuivre. Si vous êtes enceinte, sous chimiothérapie, sous immunosuppresseurs ou sous anticoagulants, ne prenez aucun complément sans avis médical préalable.

Pour continuer

  • Les compléments alimentaires sont-ils dangereux ?
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  • Comment choisir un complément alimentaire de qualité ?
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Sources

  • ANSM (France) — Interactions médicamenteuses et phytothérapie, Thésaurus 2024
  • Swissmedic — Millepertuis : interactions médicamenteuses majeures
  • Tsai HH et al. — Evaluation of documented drug interactions and contraindications associated with herbs and dietary supplements. International Journal of Clinical Practice, 2012